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mercredi 16 août 2017
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LE BEL HOMMAGE TENDRE ET FIDÈLE D’A.-A. BERNSTEIN À CEUX D’ORCHAISE qui lui donnèrent “une seconde fois la vie”

 
“… toute mon enfance et toute ma vie seront illuminées du bonheur de Touchemoreau (…) je garderai toujours cette sensation unique quand j’arrive à Touchemoreau…”.

Alain-André Bernstein évoque avec force et émotion, l’importance déterminante des premières images de la petite enfance, celles de la découverte du monde, de l’éveil de soi . La voix de celle, grâce à laquelle, il a appris à parler. Mais ce qui donne ici une intensité particulière, ce sont les circonstances dramatiques d’une période de l’Histoire sombre et douloureuse. Qui obligèrent une jeune maman juive à confier son nouveau-né à une famille d’Orchaise, à peu près inconnue d’elle, afin de le protéger des turpitudes que sa lucidité lui faisait pressentir…

Héliette Kaploun et Léon Bernstein, les parents d’Alain, connaîtront en effet la souffrance des séparations, l’angoisse de la clandestinité, les dénonciations, la douleur de voir leurs proches déportés, exterminés…

Le 18 mars 1940, le jeune Alain est accueilli par Charlotte et Léon Breton, comme leur enfant -qui les appellera toujours “papa Breton” et “maman Charlotte”- et par leurs filles Anne-Marie et Andrée, comme leur petit frère. Toute la famille le comblera de soins et d’affection durant plusieurs années dans sa toute petite maison. Simple et modeste, mais un vrai nid d’amour…

Charlotte Breton écrit à peu près chaque semaine, voire plus souvent, à Héliette, des lettres- reproduites ou retranscrites dans l’ouvrage- qui veulent rassurer, compenser l’éloignement, et qui rendent compte avec une attention fine et délicate du développement d’Alain, de ses progrès moteurs et langagiers. Quelle psychologie étonnante ! Quel sens de l’éducation ! Quelle habileté rhétorique pour se faire discrètement comprendre, en ces temps périlleux ! Quelle abnégation aussi quand Alain quitte Touchemoreau pour vivre avec ses parents et que son absence y est cruellement ressentie !

Le livre que vient de publier Alain-André Bernstein rend aussi hommage à la solidarité et à la discrétion des Orchaisiots, de leur maire de l’époque Georges Breton qui hébergea ses parents, des instituteurs M. et Madame Hardillier, qui, au péril de leur liberté et de leur vie, engagèrent leur parole pour que lui-même soit épargné.

Un document d’une grande richesse historique et sociologique. Un témoignage personnel émouvant. Un beau livre qui affirme la réalité de la bonté humaine et de la reconnaissance et est, à ce titre, pour tous, un message d’espoir…

Nelly Robinet

Alain-André Bernstein, Gardez mon fils près de vous. Correspondance pour un enfant caché. 1940-1944. Collection Témoignages de la Shoah. En librairie. Ou à commander sur le site www.manuscrit.com
 
 

 
 

 
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